Karen & Alain

Souvenirs en vrac

À ta naissance, nous nous croyions à Melide. Miniature de 40 cm pour 1kg 200, ta tête tenait dans ma main, le pouce et l’auriculaire sous tes aisselles et l’extrémité des autres doigts dépassant la balle de tennis que j’avais l’impression de tenir.

Mais tu avais déjà envie d’aller vite : huit repas par jour, tu n’acceptais pas tout mais il te les fallait.

À ce rythme, tu as commencé de grandir très vite avec déjà un caractère bien trempé. Tout ce que nous te demandions d’essayer, nenni ! Ainsi, pas un mot avant l’âge de deux ans. Idem pour la marche, pas un pas  jusqu’au jour où je t’ai sorti de la poussette et tu es parti sur le quai de Montreux au pas de course. Tes premiers pas… !

Tout de suite des phrases complètes avec parfois un vocabulaire bien à toi. Un mot par exemple dont nous n’avons trouvé ni l’origine ni l’orthographe, mais très plaisant prononcé par toi. « Où sont passé mes tapsoules ? »  Et cela voulait dire pantoufles. Allez comprendre !

Il nous a fallu du temps pour comprendre que tu as une démarche d’esprit assez surprenante. Durant toute ton enfance, pour chaque activité, tu ne passais jamais par la phase d’essai.  Il suffisait de suggérer l’idée une seule fois, tu étudiais alors le domaine.  Et c’est souvent une année ou plus après que tu venais vers nous ; « - Vous vous souvenez de ce que vous m’avez dit une fois ? Eh bien, j’aimerais bien essayer. » Et le plus étonnant, ça marchait tout de suite très bien.  Tu as fait cela pour le ski : jamais plus de quinze minutes sur les skis, ensuite dans le porte-bébé pour dévaler les pistes, sur le ventre de maman ou dans mon dos, pendant plusieurs années. Au mois de novembre de tes 6 ans, tu m’as demandé quand venait la neige. À mon pourquoi, tu as répondu que tu avais envie de skier et, à la fin de cet hiver-là, tu descendais toutes les pistes. Je ne sais pas si tu fonctionnes encore comme ça, mais c’était une bonne méthode qui te réussissait.

Par la suite, tout est allé très vite. Au fil d’une enfance pleine d’activités, tu as beaucoup voyagé dans toute l’Europe dont tes premières vacances en Sardaigne à l’âge d’un an et demie. La pratique de beaucoup de sports et la traversée de plusieurs épreuves dont la plus pénible fut la perte subite de notre très chère Claudia, ta maman, t’ont forgé un caractère bien trempé, pas toujours facile !

Le corps est devenu grand et fort  ainsi que ta façon de vivre. Tu débordes d’activité dans tous les domaines, parfois un peu trop. Mais ta grandeur d’âme, ta générosité et ta disponibilité te procureront encore beaucoup de bonheur et feront aussi celui de ta famille et de ton entourage.

Je suis fier de toi, mon fils, et me réjouis de te savoir heureux.

Ton papa